02/08/2014

L'ancien poilu qui a craqué sur la tombe de son fils

 

guerre 14-18François Porté est un ancien trébéen, 94 ans mais toujours alerte, l'esprit vif et la parole facile. Il est souvent au boulodrome de Trèbes où tantôt il tape la belote avec ses copains, tantôt assis à l'ombre il regarde évoluer les pétanqueurs.

On sait que les poilus qui ont eu la chance de revenir de la grande guerre n'aimaient pas raconter ces quatre années vécues dans l'enfer des tranchées. François au cours de sa vie à su retirer de son père quelques souvenirs et a eu la gentillesse de nous en faire profiter.

sept ans sous les drapeaux

Léon-Joseph Porté (1888-1968) a vécu sept ans sous les drapeaux. Il a d'abord effectué son service militaire (3 ans) dans les 3 ème Zouave à Bizerte à l'époque de la première pénétration du Maroc par le maréchal Lyautey. Au retour du Maroc, il se marie, mais la lune de miel ne durera que quelques mois. La guerre éclate, c'est la mobilisation générale du dimanche 2 août 1914.

Léon-Joseph parti au front , sa jeune épouse ne peut rester seule à Trèbes et vient habiter chez ses parents à Rustiques au domaine de la Commanderie.

Début 1915, il apprend qu'il est papa d'un petit Adrien, Hélas quelques mois plus tard il apprendra le guerre 14-18décès de son fils, victime d'une bronchite capillaire, mais malgré toutes ses démarches il n'obtiendra aucune permission, qui lui aurait permit de soutenir sa jeune épouse.

A Ypres (Belgique) en 1917 il est blessé, une balle de mitrailleuse, lui a traversé le casque et une partie du crane, il fera 9 mois d'hôpital, mais refusera d'être trépané, car l'on disait alors qu'après la trépanation souvent on devenait fou.

 Verdun et la Somme

Revenu sur le front il participe à la terrible bataille de Verdun : « on se servait des cadavres pour faire des parapets de protection » . C'est à cette époque là d'ailleurs qu'il aurait pu mourir de faim : une nuit au cours d'une attaque il tombe la main dans un cadavre décomposé. A cause de cette odeur pestilentielle qui ne le quitte plus pendant des jours il ne peut plus manger, c'est au bout de quelques jours et grâce à la solidarité de ses copains qu'il retrouvera peu à peu le goût à la vie.

Il a participé également aux batailles de la Somme : « Pour revenir au repos, à l'arrière du front, raconte il, il fallait qu'il y est 70 % de perte, afin de reformer une compagnie qui repartait au combat.

Léon Joseph Porté sera démobilisé début 1919 et sera garde champêtre de Trèbes dans les années suivantes.

Son fils François raconte : « En 1928, au cours de sa tournée, j'avais 8 ans, il m'a amené au cimetière de Rustiques sur la tombe de mon frère (ce fils qu'il n'a jamais connu) et là pour la première fois de ma vie j'ai vu pleurer mon père ».

guerre 14-18

Leurs aïeux ayant habité La commanderie, Cordes et Canet, la famille Porté à plusieurs tombes à fleurir au cimetière de Rustiques

 

12:05 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre 14-18 |  Facebook | |

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