25/02/2014

le poème du jour

 

Jeanne songeait, sur l'herbe assise, grave et rose ;DSCN0238.JPG

 Je m'approchai : – Dis moi si tu veux quelque chose,

 Jeanne ? - car j’obéis à ces charmants amours,

 Je les guette, et je cherche à comprendre toujours

 Tout ce qui peut passer par ces divines têtes.

 Jeanne m'a répondu : - Je voudrai voir des bêtes.

 Alors je lui montrai dans l'herbe une fourmi.

 Vois! - Mais Jeanne ne fut contente qu'à demi.DSCN0245.JPG

 - Non, les bêtes c'est gros me dit-elle.

 C'est le grand. L'océan les attire à sa grève,

 Les berçant de son champ rauque, et les captivant

 Par l'ombre, et par la fuite effrayante du vent ;

 Ils aiment l'épouvante, il leur faut le prodige.

 - Je n'ai pas d'éléphant sous la main répondis-je.

 Veut-tu quelque autre chose ? Ô Jeanne on te le doit !

 Parle. - Alors Jeanne au ciel leva son petit doigt.

 - Ca, dit-elle. - C'était l'heure ou le soir commence.

 Je vis à l'horizon surgir la lune immense.

 

 L'art d'être grand-père

 Victor Hugo

 

 

 

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