29/01/2013

L'histoire du Bataillon Minervois racontée par Claude Subreville

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En novembre il animait une conférence sur l'histoire du Bataillon Minervois qui a vu le jour en août guerre 39-451944 dans notre commune. Claude Subreville s'est tellement pris au jeu (et ceux qui le connaissent n'en seront pas étonné) qu'il a ressenti après cette mémorable soirée comme un goût d'inachevé, et a voulu continuer d'explorer ce sujet passionnant, recueillant chez les derniers survivants de ce bataillon (9 sur 550) des faits, anecdotes etc. D'où l'idée d'écrire un livre. 

Claude Subreville a lu tout ce qui a été écrit sur cette glorieuse épopée, puis il a pris son bâton de pèlerin, allant à la rencontre de ces engagés volontaires qui avaient alors 17 et 18 ans en 1944. Des anecdotes il en a recueilli beaucoup, à Tourouzelle chez Henri Miquel, à Villeneuve Minervois chez Georges Bigou, à Toulouse chez Jean-Paul Bousquet. (fils du général du même nom).

Le coq de Niffer 

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Ainsi Georges Bigou raconte : «  A environ un Kilomètre de Niffer, tous les matins, nous entendions le coq de Niffer qui annonçait le lever du jour et chacun s'était promis de le manger dès la prise de ce village... il n'en fut rien, car d'autres nous avaient précédés ! » Un peu plus loin : « Dans un bois de sapin, le cuistot achevait d'installer sa roulante avec par terre et pêle-mêle, de grosses miches de pain gris, pommes de terre et quartiers de viande déposés dans la nuit...Notre cuistot insistait et s'inquiétait, car le bois humide empêchait le feu de prendre...jusqu'au moment où un peu de fumée monta au dessus des arbres... La réponse fut rapide car quelques obus s'abattirent autour de la roulante et nos victuailles furent saupoudrées de terre et de neige ».

C'est avec beaucoup de fierté que ces anciens soldats volontaires racontent comment, en détruisant de nombreux canons dans les gorges près de Fribourg, ils ont ouvert le passage aux chars de la 2e DB du général Leclerc.

 

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Et cest aussi avec beaucoup d'émotion que Henri Miquel évoque ce souvenir : « Un jour dans la Forêt Noire, à quelques jours de la victoire, au cours d'une pause, j'étais assis sur le sol, le dos calé contre un talus...un jeune prisonnier allemand vint s'asseoir à mon coté, je voulus le lui interdire car il pouvait saisir mon arme, mais quand je vis son jeune visage, ( il devait avoir 15 à 16 ans) et son air fatigué, (il devait avoir fait plus de 100 kilomètres avec des bottes manifestement trop grandes), je le laissais faire, je lui fit un sourire pensant que si nous n'étions pas en guerre nous pourrions être de bons amis et deviser de sujets de notre âge:le sport, les filles, le cinéma... 

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Il s'affala sur le talus, ferma les yeux et son visage refléta une grande souffrance et ...la pause terminée, les prisonniers se remirent en colonne mais mon voisin ne bougea pas, il était mort, sans un mot sans une plainte, guerre 39-45mort de fatigue, de détresse et peut être de faim, mort loin de ses parents et de ses amis, loin de quelqu'un qui aurait pu lui tenir la main... ». 

A noter que deux valeureux Rustiquois ont participé à cette épopée du Bataillon Minervois: Paul Boisson et Charles Mourlan. 

Le livre de Claude Subreville sera édité par l'association du Patrimoine de Rustiques qui avait organisé la conférence et prêté son concours pour la collecte des documents.

22:22 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guerre 39-45 |  Facebook | |

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